Intégration du genre pour dissiper les malentendus sur la santé reproductive et nutritionnelle: expériences du programme LAHIA

Résumé:
Avec un taux de retard de croissance nationale de 51%, le Niger a l\'un des taux de malnutrition chronique les plus élevés dans le monde. Les analyses effectuées par l\'USAID indiquent que l’accès à la nourriture, bien qu’étant une grande contrainte pour beaucoup, n’est peut-être pas la cause sous-jacente la plus importante de la malnutrition au Niger. L’existence de trois droits au Niger, à savoir le droit religieux, le droit coutumier et le droit moderne ne facilite pas la transformation du genre du fait de la méconnaissance ou de mauvaises interprétations sur ces droits relatifs aux questions aussi sensibles que la santé de la reproduction en général et la planification en particulier. Pour y faire face, le Projet "Livelihoods, Agriculture and Health Interventions in Action" (LAHIA), un DFAP de 5 ans finance par USAID, a mis en place un réseau de communicateurs composé des personnes influentes pour mieux aborder les questions de normes sociales de genre et de dissiper les malentendus sur les questions de santé reproductive et nutritionnelle, de l’agriculture et des moyens d’existence. Ce programme s’est intégré à la Politique Nationale Genre (PNG) qui définit le cadre d’orientation stratégique, basé sur des propositions des mesures à prendre en compte pour réduire les inégalités de genre et créer un environnement culturel, social, économique, juridique et institutionnel favorable à l’équité et à l’égalité de genre.
Contexte/objectifs:
Les hommes au Niger sont les principaux décideurs au sein des communautés et des ménages et ils ont aussi beaucoup de contrôle dans tout le processus de la planification familiale. Pour changer les normes et faire progresser le genre et la planning familial (PF), il faut un engagement et une autonomisation des femmes et des filles parallèlement à un engagement avec les hommes. Le Projet, "Livelihoods, Agriculture and Health Interventions in Action" (LAHIA), financé par USAID, a mis en place un réseau de communicateurs composé des personnes influentes pour mieux aborder les questions de normes sociales de genre.
Description de l'intervention et/ou des méthodes et de la conception:
LAHIA a mis en place un réseau de communicateurs composé des personnes influentes : les leaders religieux, les autorités coutumières, les représentants des femmes, des jeunes et les représentants des radios communautaires dans chacune des 5 communes d’intervention. Composé de 30 membres, le réseau a pour objectif, de lutter contre les discriminations et les iniquités de Genre et faciliter l’adoption de nouvelles attitudes, de nouveaux comportements et de nouvelles pratiques face aux enjeux de développement que sont les questions de santé, d’agriculture et de moyens d’existence. Les activités du réseau comprennent : des sermons chaque vendredi utilisant l’Argumentaire Islamique pour discuter aux croyants l'importance de l'égalité, des sensibilisations et discussions soutenues par des vidéos communautaires sur les conséquences de violence basée sur le genre, l’organisation de plaidoyer et des tables rondes sur l’accès et la sécurisation des terres au profit des femmes pendant les fêtes au niveau communal.
Résultats/leçons apprises:
Les sensibilisations communautaires et les discussions relatives au genre que le réseau de communicateurs a géré ont permis plusieurs effets positifs y compris : 40 % des membres de structures communautaires sont composées de femmes contre 20% au début du programme, une plage accordée aux différents réseaux par les radios communautaires pour les débats sur les inégalités de genre était établie, une instauration des dialogues au sein des communautés sur la Planification Familiale ; à la place publique ; dans les mosquées et églises, lors des évènements (baptêmes, funérailles), une amélioration à l’accès et à la sécurisation des terres au profit des femmes - 33, 5 ha des terres sont acquises et sécurisées pour une période de 10 ans dans la zone du projet et la mise en place d’un comité communautaire de protection des enfants.
Discussion/implications pour le domaine:
Le réseau de communicateurs a pu soulever et discuter des questions de genre qui pourraient affecter les comportements de santé et de nutrition des membres de la communauté, ainsi que de l'accès et de la demande de services de santé et de nutrition. La deuxième phase du programme qui était lancé à Zinder en 2018, Wadata, espère adapter la stratégie de réseau de communicateurs dans le nouveau contexte pour continuer à avoir des effets positifs sur les normes de genre au Niger.
Le résumé soumis par:
Meghan Pollak - Save the Children
Ado Tamo Maitouraré - Save the Children
Beatrice Scheuermann - Save the Children
Callie Simon - Save the Children
Résumé approuvé pour le Sommet SBCC 2020 reporté à Marrakech, Maroc. Fourni par le Comité directeur international du Sommet. Crédit image: USAID.











































